Quetsches, figues, mûres, raisins... Des dégradés de bleu, de violet, de noir et de vert. La campagne est belle et généreuse en Septembre.
La maison familiale étant pas mal entourée de vignes, mon père avait récupéré auprès des vignerons du coin quelques bouts de ficelle de palissage destinés à être jetés (ou recyclés). Pour les curieux qui se demanderaient ce qu'est le palissage, je dirais en résumant grossièrement que c'est le fait de ramener les branches folles et de les contenir dans le rang. Ça peut se faire à la main ou à la machine. Les encore plus curieux n'auront qu'à cliquer sur les deux vidéos. Ça sera votre minute "L'amour est dans le pré" du jour ;)
Mon père voulait s'en servir pour attacher nos pieds de tomates. Ma mère a pris le temps de les laver, enlever les agrafes et m'en a donné une partie. Et oui, pour moi, du moment que c'est du fil : ça se crochète ou ça se tricote !
Par contre, j'ai dû négocier avec le chat de mes parents (nettement moins généreux) qui trouvait ce tas de ficelle parfait pour se confectionner un nid douillet...
Qu'est-ce que je voulais faire de cette ficelle bleue ? Quelque chose de très terre-à-terre.
J'en avais marre de voir trôner mon sac à patate tout moche et pas pratique dans ma cuisine. Passé un temps, je stockais mes pommes de terre dans un carton à vin (quand je vous dis que je suis cernée par les vignes... ^^) mais on a tous connu le drame de la patate pourrie qui pue, dégouline et bousille le carton. Je voulais donc une corbeille solide et qui se lave.
Cette ficelle faite pour encaisser les intempéries était parfaite. Je l'ai associé à de la laine bleue provenant d'un pull détricotée à ma mère. Ambiance totale récup' aujourd'hui.
J'en avais marre de voir trôner mon sac à patate tout moche et pas pratique dans ma cuisine. Passé un temps, je stockais mes pommes de terre dans un carton à vin (quand je vous dis que je suis cernée par les vignes... ^^) mais on a tous connu le drame de la patate pourrie qui pue, dégouline et bousille le carton. Je voulais donc une corbeille solide et qui se lave.
Cette ficelle faite pour encaisser les intempéries était parfaite. Je l'ai associé à de la laine bleue provenant d'un pull détricotée à ma mère. Ambiance totale récup' aujourd'hui.
Bon, j'ai dû négocier avec un deuxième chat qui s'est approprié à son tour les pelotes de ficelle et trônait dessus tel Smaug le dragon sur son tas d'or... Je ne voudrais pas faire de généralité à partir de deux cas mais quand même, on dirait que cette ficelle est pas mal appréciée par nos compagnons félins.
Pour ma corbeille, j'ai commencé par former un "cercle magique" puis j'ai crocheté une augmentation dans chacune des mailles au premier tour. Ensuite j'ai crocheté autour la ficelle, sans la crocheter elle même (comme quand vous rentrez les fils ou que vous les faites suivre en même temps que vous crochetez). J'ai continué mes augmentations en mode freestyle, quand je le sentais jusqu'à obtenir la base de corbeille avec la taille voulue.
Franchement, jusque là tout allait bien. La base était très rigide, ça donnait un aspect vannerie. J'étais même fière de moi.
Mais après, les choses se sont compliquées... Quand on veut crocheter un rond au crochet, on commence par un cercle avec les augmentations de mailles et puis on arrête d'augmenter et les bords montent alors à la verticale. J'étais persuadée que ça serait pareil. Il me suffirait d'arrêter les augmentations...
Et ben, ça ne s'est pas passé comme ça. Cela continuait inexorablement à augmenter le cercle mais jamais à monter à la verticale. J'ai défait de nombreuses de fois, tenté différentes techniques et franchement je ne comprenais pas ce qui se passait. J'ai diminué les mailles encore et encore, ça prenait alors un aspect légèrement évasé... J'ai fini par être lassée. Je me suis dit "bon, ras le bol, je coupe la ficelle et je vais faire les bords uniquement en laine". Sauf que comme j'avais diminué plein de mailles, c'est monté en trompette...
Et ben, ça ne s'est pas passé comme ça. Cela continuait inexorablement à augmenter le cercle mais jamais à monter à la verticale. J'ai défait de nombreuses de fois, tenté différentes techniques et franchement je ne comprenais pas ce qui se passait. J'ai diminué les mailles encore et encore, ça prenait alors un aspect légèrement évasé... J'ai fini par être lassée. Je me suis dit "bon, ras le bol, je coupe la ficelle et je vais faire les bords uniquement en laine". Sauf que comme j'avais diminué plein de mailles, c'est monté en trompette...
L'homme regardait d'un drôle d’œil ce qui montait de mon crochet... : "c'est quoi au juste ton projet ? Tu crochètes un nouveau chapeau à Amélie Nothomb ?"
C'est ça de partir à l'aventure, fleur au crochet, parfois le résultat est douteux et on se retrouve avec un sac à patate qui ressemble à rien et à tout à la fois. On peut y voir le chapeau de berger Afghan que porte Mathieu Kassovitz dans Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, une cheminée de centrale nucléaire, un cache-pot... moquez-vous, moquez-vous, en attendant, il est pratique et il remplit sa fonction.
Honnêtement j'ai hésité à le bazarder avant de me prendre d'affection pour cette corbeille patatoïde. J'ai tenu à vous en parler parce que c'est bien de parler de ce qui rate aussi. Il paraît que la création est une succession d'échecs. Le tout est de ne jamais s'avouer vaincue. Je retenterai donc et je finirai par percer ce mystère !
(prochain essai avec nettement moins de mailles...)
Honnêtement j'ai hésité à le bazarder avant de me prendre d'affection pour cette corbeille patatoïde. J'ai tenu à vous en parler parce que c'est bien de parler de ce qui rate aussi. Il paraît que la création est une succession d'échecs. Le tout est de ne jamais s'avouer vaincue. Je retenterai donc et je finirai par percer ce mystère !
(prochain essai avec nettement moins de mailles...)
A parler de ficelles et de vigne, à montrer des fruits qui ont de belles robes, j'étais presque obligée de vous parler d'un vin de ma région d'origine : La Ficelle de Saint-Pourçain.
Je ne suis pas une spécialiste, loin de là. Je peux vous dire que La Ficelle est un vin rouge AOC et c'est à peu près tout ce que je suis capable de dire sur le vin en lui-même. Œnologues et amateurs de vins, je vous indique donc plutôt ce chemin.
J'avais pour ma part plus envie de vous parler de la bouteille en elle-même.
Sur un côté, on trouve une ficelle nouée en référence au Sieur Gauthier,
qui en 1487 (ça nous rajeunit pas !) servait le vin au fond de sa
taverne en le mesurant à l'aide d'une ficelle plongée dans les pichets.
Je vous glisse ce lien pour découvrir plus en détails la légende de La Ficelle et la bande de gais-lurons aux foulards rouges que sont les Compagnons de la Ficelle.
De l'autre côté, on trouve chaque année un dessin réalisé par un illustrateur/dessinateur de presse. Je dois dire que si beaucoup attendent l'arrivée du vin nouveau, j'ai toujours beaucoup plus guetté l'arrivée du nouveau dessin, petite surprise marquant l'arrivée du mois de Décembre.
Je ne peux que vous inviter à aller voir un peu les différentes bouteilles répertoriées ici, de 1987 à 2014. Vous y trouverez Roland Sabatier (illustrateur des Contes du Chat Perché), vous verrez souvent passer devant vos yeux les noms Hara-Kiri, Siné-Mensuel, Fluide Glacial, Charlie Hebdo... J'ai forcément envie de mettre en avant Honoré et Tignous mais Piem, Willem, Barberousse, Loup et tant d'autres sont passés par là.
C'est une bouteille illustrée par Lerouge pour les 25 ans de la Ficelle oubliée dans le fond de mon placard que j'ai ressortie pour la photo.
Je ne peux que vous inviter à aller voir un peu les différentes bouteilles répertoriées ici, de 1987 à 2014. Vous y trouverez Roland Sabatier (illustrateur des Contes du Chat Perché), vous verrez souvent passer devant vos yeux les noms Hara-Kiri, Siné-Mensuel, Fluide Glacial, Charlie Hebdo... J'ai forcément envie de mettre en avant Honoré et Tignous mais Piem, Willem, Barberousse, Loup et tant d'autres sont passés par là.
C'est une bouteille illustrée par Lerouge pour les 25 ans de la Ficelle oubliée dans le fond de mon placard que j'ai ressortie pour la photo.
Rendez-vous donc au premier samedi du mois de décembre pour pourquoi pas rajouter une bouteille de Ficelle, un peu d'humour et de légende à votre table de fête (bon j'suis d'accord en terme de légende, ya aussi et qui s'appelorio Quezac mais c'est un autre délire).
D'ici là, je vais profiter de septembre et octobre, des petits plaisirs de saison : savourer les derniers beaux jours, faire de longues balades, ramasser les feuilles mortes, exploser la bogue des marrons, préparer Halloween, écouter la pluie tomber lovée sous un plaid en laine avec chat et tricot, remplir son chez-soi de bonne odeur de pâtisseries, siroter un chocolat chaud, grignoter des fruits teintés de bleu...
Franchement, quoi de mieux pour commencer la journée en douceur que de faire le tour des réseaux sociaux et de lire vos petits mots en dégustant une tarte aux mûres...



















































