29/02/2016

Totoro sous la pluie.

Après Chewbacca dans la neige, Totoro sous la pluie... on dirait bien que je commence à faire de la moufle à tendance météorologique une habitude hivernale.


J'ai tout de suite aimé ce modèle (disponible gratuitement sur Ravelry). J'aimais la quiétude et la féerie que dégageait ce Totoro à l'abri sous son parapluie, ces gouttes de pluie, ces paillettes d'étoiles... Je ne sais pas résister à ce genre de chose toute choupinette. Je les ai aussi tout de suite imaginées aux mains d'une amie qui a au moins autant de magie et de douceur en elle que Totoro lui-même. Si, si, j'vous assure ! 

J'avais peur que mon cadeau arrive comme un cheveu sur la soupe dans cet hiver trop clément mais le froid et la neige sont revenus sur la région en même temps que j'envoyais le colis. Les choses se goupillent bien parfois ;)


Pour les détails techniques, j'ai utilisé des aiguilles double pointes 3.5 et de la laine Karisma de Drops (j'pense que vous commencez à comprendre que j'aime beaucoup cette laine ^^) : une pelote de gris foncé et une d'écru pour tricoter les deux mitaines.


Je n'ai rien changé au modèle d'origine que je trouve absolument parfait. La créatrice nous laisse la possibilité entre différents dessins pour le pouce. Après avoir longuement hésité, j'ai choisi de faire dans la simplicité et de les faire tout blanc, pour mieux mettre en avant Totoro.


Je trouve le jacquard simple à réaliser, je le conseillerai pour les débutant(e)s. Il n'y a pas de longs espaces avec une seule couleur. Le blanc est souvent entrecoupé de petites touches grises et en ce qui me concerne, je trouve que ça aide à faire suivre le fil et à garder un travail à l'aspect régulier.
Et en plus, le motif est canon :)


J'ai vraiment un énorme coup de cœur pour ces mitaines. Je les referai peut-être bien pour moi un jour... En me promenant sur Ravelry, j'ai vu des variantes vraiment sympas et inspirantes que je ne peux m'empêcher de partager avec vous  : les mitaines version chat-bus et l'écharpe.


Pour celles qui ne font pas de jacquard, rassurez-vous, vous pouvez quand même tricoter des motifs Totoro. Vous pouvez acheter ce modèle ci ou celui-là mais à mon humble avis, ça serait une erreur. Le Totoro présenté ressemble étrangement au modèle de ces mitaines offertes gratuitement. Je raconte tout ça, non pas pour créer la moindre polémique, mais pour vous conseiller de télécharger gratuitement le modèle des mitaines et de tricoter votre Totoro de la manière suivante :
- les cases grisées à l'envers sur l'endroit du travail et l'endroit sur l'envers du travail
- les cases blanches à l'endroit sur l'endroit du travail et à l'envers sur l'envers du travail.

Non, parce que je suis pas contre payer le travail des créatrices (je l'encourage même !) mais il y a des limites.


Je n'aime pas mettre du jacquard dans mes plaids en laine (de peur que mes orteils se prennent dans les fils qui suivent sur l'envers), j'avais donc dessiné un modèle de point Totoro pour mon plaid Snug as a Bug in a Rug

Créé dans mes débuts, je ne le trouve pas parfait bien que j'avoue aimer sa forme tout ronde qui lui donne un côté chou à la crème ^^
Comme on me demande souvent, par mail, la grille de ce modèle, je me suis malgré tout décidée à la mettre à votre disposition gratuitement sur Ravelry.

Voilà, vous avez maintenant plein de pistes pour rajouter des Totoro dans vos coins et recoins de tricots !! :) 




11/02/2016

Snood Cocoon

Comme la plupart des tricoteuses, je ne peux pas résister à l'appel de la belle pelote dans une vitrine et cela est particulièrement vrai pour les laines "mèche". Dès qu'il y a un aspect un peu irrégulier et brut, quand la laine s'entortille de façon inégale, je ne peux pas m'empêcher de m'imaginer en train de la tricoter...


La laine en question, c'est une Lanas Stop, Titán, coloris 201. 
52% laine, 48% acrylique.


J'ai trouvé cette laine dans une petite mercerie de Clermont (Cousette, rue du Port pour les clermontois intéressés) et quelques mètres plus haut, le même jour, je tombe sur ce tag. Ça m'a arrêtée parce que je trouvais qu'il y avait un parallèle sympa avec la laine que je venais d'acheter. Comme les méandres d'un cocon étrange.


L'aspect de la pelote et ce tag se sont entremêlés dans ma tête et en est sorti le Snood Cocoon.


Il est très très simple à réaliser. 

Matériel
- des aiguilles circulaires taille 12, un cable de 38 cm. 
- 1 pelote et demi (soit 150 grammes, 117 mètres) 

Montez 48 mailles
Tricotez en circulaire 4 rangs tout à l'endroit puis 4 rangs tout à l'envers et ainsi de suite. Cette séquence de 4 rangs endroit, 4 rangs envers est à faire 5 fois au total.
Si vous avez la flemme de compter, C'est simple : quand vous arrivez à la moitié de votre deuxième pelote, rabattez vos mailles et zou, enfilez votre snood, c'est déjà fini !


Et je peux vous dire qu'il porte bien son nom, c'est un super cocon moelleux !







C'est tellement un plaisir de tricoter cette laine, j'trouvais que le temps passé sur ce snood avait filé trop vite. J'en ai refait un dans la foulée pour ma maman. Faut au moins tout ça de laine autour du cou pour se protéger du froid au sommet de nos volcans d'Auvergne.



25/01/2016

Les moutons sous la neige.

J'ai l'impression que toutes les tricoteuses, cet hiver, se sont donné le mot pour tricoter ce petit bonnet mouton
Il faut dire qu'il est terriblement irrésistible !


Pour ma part, je n'ai même pas le mérite de dire "c'est moi qui l'ai fait" puisque c'est ma maman qui a joué des aiguilles pour me l'offrir à Noël. Je me suis contentée de choisir la laine et les couleurs.


J'ai opté pour la Karisma de Drops : gris foncé, gris moyen et écru parce que c'était les couleurs qui me venaient en tête en pensant aux deux moutons sous la neige, dans la prairie située à côté de la maison de mes parents. C'étaient aussi des couleurs toutes douces qui évoquaient pour moi le calme qu'on ressent quand on regarde des animaux pâturer et de la neige tomber.


J'adore tricoter mes propres trucs mais j'avoue c'était super agréable aussi de re-goûter au luxe d'avoir quelqu'un qui tricote pour moi ! 


Au niveau du modèle Baa-ble Hat qui se trouve gratuitement ici, rien n'a été modifié. J'ai juste choisi de ne pas mettre de pompon. Je préfère voir le tourbillon formé par les diminutions. 


Voilà, j'ai la sensation d'être un peu un mouton en étant la énième à publier ce modèle mais je l'adore et puis après tout, peut-être que parmi vous, certains ne le connaissent pas encore... Rejoignez le troupeau des tricoteuses amoureuses des moutons ! ;)

Le prochain article, promis, ça sera un tricot original et tricoté avec mes petites mains. Il sera toujours par contre dans les teintes de noir, blanc, gris... Moi qui aime tant la couleur, cette phase ne va pas durer, la couleur ne devrait pas tarder à re-exploser sur ce blog.

21/01/2016

Maxi châle anti-grisaille


Quand le ciel est gris, Clermont et sa pierre volcanique semblent encore plus gothiques que d'habitude.



Contrairement aux apparences, cette porte ci-dessous n'est pas une porte d'église mais bien une entrée d'immeuble. Oui, une entrée d'immeuble. Il y a quelques demeures comme ça dans ma ville, je soupçonne qu'elles sont habitées par des cousins éloignés de la famille Addams


Et on ne fait pas les choses à moitié quand on fait dans le lugubre. Quiconque a entendu siffler le vent entre les tours de la cathédrale dans la nuit épaisse voit ce que je veux dire...

 
Mais moi, j'aime bien tout ça parce que j'ai une astuce ultime pour ne pas sombrer dans la grisouille et la déprimouille des longues journées hivernales : tricoter une grosse pelote de laine épaisse comme un gros nuage noir. 
Petit plus : trouver un coloris qui fait penser aux poils de son matou, même dégradé de gris foncé à gris argenté.


Et oui, c'est le grand retour de la maxi pelote de laine Creative Big Moment par Rico Design. Oui, celle que vous avez déjà vu dans le plaid du nouvel an et  celle qui rêvait de tricoter de la barbe à papa. Je suis faible... je ne sais pas résister à ces immenses pelotes. Elles m'appellent, si, si je vous assure !


Réaliser ce maxi châle : à la portée de toute tricoteuse !  

J'ai utilisé des aiguilles circulaires n° 8. Bien que ce châle se tricote en aller-retour, il vous faudra un grand câble pour stocker toutes vos mailles. Là est tout l'intérêt des aiguilles circulaires. 

Il suffit de monter 3 mailles. 
Rang 1 : 1 maille endroit, 1 jeté, 2 mailles endroit  = 4 mailles
Rang 2 : 1 maille endroit, 1 jeté,  3 mailles endroit = 5 mailles
Rang 3 : 1 maille endroit, 1 jeté, 4 mailles endroit = 6 mailles
et ainsi de suite jusqu'à la fin de votre pelote. 
Endroit comme envers de votre travail, tous les rangs sont identiques donc c'est impossible de se tromper ou faire une faute d'inattention. On tricote une maille endroit, on fait un jeté et on tricote toutes les mailles jusqu'à la fin du rang. On tourne son tricot et on recommence dans l'autre sens.

En tricotant mon unique maxi pelote, j'ai obtenu un châle immense, tout en point mousse,  
léger comme un nuage et doux comme le pelage de mon chat.


  L'instant cocooning de rêve en hiver.
Le plaisir de glisser ses doigts entre ces grandes mailles... 


Et c'est pas mon chat qui vous dira le contraire, déjà à l'état de pelote il kiffe !! Je ne sais pas ce qu'il y a dans cette pelote, s'ils ont filé des fibres d'herbes à chat ou quoi, mais elle appelle tous les chats de mon entourage. Ils en sont complétement fous ! J'adore son air concentré quand il patoune là-dessus. On sent que ça plaisante pas et que c'est une affaire de pro.

 
J'aimerais vous dire qu'au saut du lit, avec la grâce de Morticia Addams, je m'enveloppe délicatement dans mon châle adoré. 



En vrai, je ressemble à une bête étrange sans forme, sans queue-ni tête, mi pleine de cheveux, mi pleine de poils.


Je ressemble donc plus à cousin Machin mais c'est beaucoup plus funky !!!! 
Yeah baby !
 

Cette laine, c'est un régal à tricoter. Elle forme de jolies rayures. Comme toutes les laines qui changent de nuances, on a toujours envie de tricoter quelques rangs de plus pour voir la nuance suivante apparaître sur nos aiguilles. C'est le genre de projet qu'on n'arrive pas à lâcher et qui avance très vite. 


Si on est bien attentif, sur la photo suivante, on commence à voir apparaître des coussinets de chat... 


Et si vous ne mettez pas le holà tout de suite, vous pouvez dire adieu à votre châle moelleux ;) 


Le chat joue à 1, 2, 3, soleil jusqu'à envahir tout le terrain mais je le laisse faire, j'crois que c'est lui qui est le plus efficace pour évoquer le plaisir à se lover dans les recoins de la laine, entre deux rayons de soleil.



Camouflage parfait ! 


En résumé, mon chat a la main mise sur mon châle...
(comme sur tous les plaids précédents)


... mais honnêtement qui parmi vous aurait le cœur de demander à cette petite bête de bouger de là?


Et puis de temps en temps, il est sympa, il me le laisse ;)

 

11/01/2016

Do You Hear The People Sing ?

C'était difficile de publier un article aujourd'hui qui ne soit pas un peu symbolique. C'est pour ça que j'ai choisi de vous parler de la comédie musicale Les Misérables. Aucun rapport avec le 11 Janvier me direz-vous. Pas si sûr...

La comédie musicale Les Misérables et moi, une grande histoire d'amour qui commence en 1998 quand ma sœur, de retour d'un séjour aux États-Unis, me la fait découvrir à travers un CD ramené dans ses bagages. C'est le coup de cœur musical immédiat : cette musique me rend dingue ! Au fur et à mesure de mes progrès en anglais, j'ai découvert les paroles et de quoi il retournait. Plus tard, je me suis plongée dans l’œuvre de Victor Hugo. Bref, d'année en année, cette musique m'a toujours suivie. Il y a tellement d'élan et de passion dans ces partitions, en l'écoutant, on se sent le cœur à vif mais terriblement vivant.

En 2012, j'ai entendu parler du film de Tom Hooper. J'aimais ce réalisateur (le Discours d'un roi fait partie de mes films cultes) ; le casting, je ne pouvais pas rêver mieux, je retrouvais même une petite partie de la clique Burton. Malgré tout, j'avais terriblement peur d'être déçue. J'avais l'habitude de la version que j'écoutais en boucle et dont je connaissais les moindres détails et inflexions de voix. Je suis très attachée aux textes, à certaines phrases, c'est d'ailleurs pour ça que je ne peux pas écouter la version française sans faire d'horribles grimaces, je la trouve atroce. Si j'aime bien Hugh Jackman, quelque part dans mon cœur, Valjean c'est Colm Wilkinson et qui sur terre peut chanter aussi bien et incarner le personnage avec autant de chaleur ?


La première fois que j'ai vu le trailer, j'me suis dit "waow, ça envoie du bois!"  mais je me suis aussi retrouvée en larmes, avec un menton tout tremblotant en quelques minutes... ce qui laissait présager que ça allait être compliqué pour moi de voir ce film. Entre la peur d'être déçue et celle de passer deux heures à sangloter, j'ai freiné des quatre fers pour le voir.



J'ai fini par me décider des années après la sortie du film. Mon homme m'a donc trouvée un jour sur mon canapé au beau milieu d'un tas de kleenex, les yeux dans un état indescriptible. Face à son regard on-ne-peut-plus perplexe, j'ai du m'expliquer : "Je regarde Les Misérables et j'en chie !!". Je ne suis pas une pleureuse dans la vie mais j'ai un rapport viscéral avec cette œuvre que je n'explique pas, qui fait qu'à chaque démarrage de chanson, je perds forme humaine pour me transformer en ruisseau.

Au final, je n'ai pas du tout été déçue par ce film. Bien au contraire ! Je n'ai jamais vu la comédie musicale sur scène mais je l'avais fantasmée des milliers de fois en écoutant l'album. Ce film, c'est comme si mes rêves avaient pris forme sous mes yeux. Visuellement il est impeccable. Il a su insuffler le grandiose nécessaire pour en faire un film tout en gardant un certain aspect théâtral et en instaurant une proximité inédite avec les personnages. Musicalement, il est ingénieux et novateur. Ils ont fait le choix de faire chanter les acteurs en live au moment du tournage, ce qui donne une vérité tout autre (Je vous laisse cette vidéo où Anne, Eddie et Hugh vous expliquent ça mieux que moi). Certes, ça me changeait de ma version fétiche mais niveau émotion, c'est tellement puissant ! On redécouvre l’œuvre sous un jour nouveau et je ne parviens pas à savoir quelle version je préfère en fin de compte.   
Quant à l'idée de faire endosser le rôle de l'évêque de Digne à mon cher Colm Wilkinson, ça ne pouvait que me faire plaisir. En dehors de l'hommage et du clin d’œil aux fans, je trouve que sa présence illumine la scène avec Valjean, comme un passage de relai que je trouve très beau. 


Parmi les choses que j'aime autour des Misérables, il y a l'affiche de Broadway. Elle reprend la fameuse illustration de Cosette par Emile Bayard. Je trouve l'idée de mêler celle-ci à un drapeau français brillante.


Il y a quelque chose qui me fascine dans cette image, quelque chose de typiquement français qui me renvoie directement au tableau de Delacroix ou aux images du 11 janvier dernier. Un subtil mélange de fragilité et de force, d'espoir et de désespoir et quoi qu'il en soit, un grand souffle de liberté


Confrontée aux actualités tragiques et à la misère sociale, cette image devenait une idée fixe dans ma tête. Sans rentrer dans les détails, je trouvais qu'à bien des points de vue, elle symbolisait mon pays. A chaque fois que j'écoute Do You Hear The People Sing ?, j'ai une irrésistible envie de descendre dans la rue et d'y construire des barricades. C'est bien beau d'être transportée par la musique mais quand ça me prend à 4 du mat, je me contiens et je me contente de griffonner de façon impulsive sur du bois.


Une fois dessinée en octobre dernier, elle est partie rejoindre les planches de bois dessinées empilées sous mon bureau qui seront peut-être un jour des mosaïques. Et puis les attentats du 13 novembre sont passés par là et le besoin de commencer cette mosaïque s'est fait pressant. 
J'ai commencé par faire les contours noirs et puis je suis restée bloquée à cette étape un bon moment. Je ne savais pas comment continuer, comment mettre de la couleur, si je devais en mettre, comment faire les ombres... La mosaïque parfois, c'est prise de tête. Comme on n'a pas le droit à l'erreur, ce n'est pas rare que je reste figée sur un point donné, surtout si le sujet me tient à cœur.  


Finalement ce weekend, je me suis donné un coup de pied dans le derrière. Il fallait tester, on verrait bien. J'ai choisi de faire Cosette entièrement en émaux de Briare et de laisser les ombres en grès cérame mat. Ainsi, ça donne un aspect ombre mais aussi un aspect saleté ou éraflures à sa peau par endroit. 


Les yeux ont été un casse-tête, j'ai dû les modifier un peu. Je suis tombée sur une forme parfaite pour faire les lèvres et tout ceci fait que son expression a changé en cours de route (les hasards de la découpe). 


Pour le fond, je voulais quelque chose de sobre. J'ai opté pour du grès cérame, le même utilisé pour le visage. J'ai un peu joué sur l'alignement pour évoquer (sans le copier scrupuleusement) les pavés parisiens


Ma petite Cosette a encore changé avec l'arrivée du ciment
Elle est moins contrastée, moins écorchée et plus spectrale.


C'est toujours compliqué de voir les choses changer d'étapes en étapes, avec son lot de bonnes et mauvaises surprises. Mais cette fois, même si elle s'est éloignée du dessin d'origine, elle me plaît. J'aime la voir tout en brillance se détacher sur ce pavé terne.


Je tenais à clore cet article sur ce passage des Misérables, du chapitre V du Tome "Fantine" :

"Le parisien est au français ce que l'athénien était au grec ; personne ne dort mieux que lui, personne mieux que lui n'a l'air d'oublier ; qu'on ne s'y fie pas pourtant ; il est propre à toute sorte de nonchalance, mais, quand il y a de la gloire au bout, il est admirable à toute espèce de furie. Donnez-lui une pique, il fera le 10 août ; donnez-lui un fusil, vous aurez Austerlitz. Il est le point d'appui de Napoléon et la ressource de Danton. S'agit-il de la patrie ? il s'enrôle ; s'agit-il de liberté , il dépave. Gare ! ses cheveux pleins de colère sont épiques ; sa blouse se drape en chlamyde. Prenez garde. De la première rue Greneta venue, il fera des fourches caudines. Si l'heure sonne, ce faubourien va grandir, ce petit homme va se lever, et il regardera d'une façon terrible, et son souffle deviendra tempête, et il sortira de cette petite poitrine grêle assez de vent pour déranger les plis des Alpes. C'est grâce à ce faubourien de Paris que la révolution, mêlée aux armées, conquiert l'Europe. Il chante, c'est sa joie. Proportionnez sa chanson à sa nature, et vous verrez ! Tant qu'il n'a pour refrain que la Carmagnole, il ne renverse que Louis XVI ; faites-lui chanter la marseillaise, il délivrera le monde."


Lire Les Misérables, c'est faire le plein de beaux sentiments, de grandeur et d’héroïsme. C'est croire en l'éducation, au progrès social, à la fraternité. Hier, un autre texte de Victor Hugo était lu Place de la République. Je trouve qu'il y a toujours un certain réconfort à s’imprégner des valeurs humanistes et républicaines qui sont dégagés par ses textes, encore d'actualité. A lire et à relire, sans cesse. 

Quant à moi, j'ai maintenant ma mosaïque pour me rappeler ce dont je souhaite me rappeler en permanence, la journée du 11 Janvier en fait partie.