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31/03/2020

La "maison-valisette" de Kiki

J'avais trouvé une petite valise en bois à Zôdio (forcément quand j'anime des ateliers tricot là-bas, je finis toujours par voir des choses qui m'intéressent dans les rayons). C'est un projet qui attendait depuis peut-être un an dans mon atelier... L'idée était de transformer cette valisette en maison pour Kiki et de le faire en pyrogravant.


J'ai commencé par le commencement, à savoir : dessiner une porte


J'ai pyrogravé tout l'extérieur de la maison : fenêtre, volets et petit jardin


J'ai imaginé cette maison un peu envahie par du lierre grimpant


C'était long et minutieux, un brin répétitif mais je me suis régalée à dessiner ça.
Cela m'a plongé dans un état semi-méditatif.


Il faut dire qu'en plein confinement, sans balcon, sans jardin, j'avais un grand besoin d'escapade, d'air pur et de nature. J'ai donc dessiné un arrosoir comme celui qui traîne toujours dans le potager de mes parents


Lors de notre dernière sortie au square, on avait observé les pissenlits avec Thomas : les différentes étapes du bouton à la fleur. Je lui avais appris à reconnaître les feuilles. J'en ai gravé un, en souvenir de ce bon moment. Il faut dire aussi que j'adore cette fleur sauvage et tenace qui m'évoque le printemps, des souvenirs d'enfance et de légèreté. 


J'ai rajouté par là, de la vie animale. Discrète mais présente.  


Et des feuilles, des feuilles, des feuilles... 


Avec mon lierre grimpant, je participe ainsi au défi du chat #21 qui a pour thème "feuilles". 


J'ai aussi dessiné des petits oiseaux qui chantent.  


Bref, j'ai invoqué sur le bois le printemps qui me manque.


Toute maison ayant un toit, j'ai pyrogravé des tuiles sur la tranche qui sera le dessus. J'ai bricolé ça pendant les siestes de mon fils. Pour vous donner un ordre d'idée, il m'a fallu une sieste entière rien que pour faire ce toit soit 2h30. Grosso modo, il m'a fallu une semaine entière à raison de 2h30 par jour pour venir à bout de ce projet.


Je vous ai fait faire le tour du jardin, allons maintenant visiter les appartements de Kiki


J'ai demandé à Thomas ce qu'il voulait à l'intérieur de la maison de Kiki. J'hésitais entre la salle de bain, la cuisine, la chambre, le salon donc il m'a activement aidé dans les plans de la maison.


J'ai dessiné le lavabo, le robinet, la baignoire là où il le désirait. Ça fait bien longtemps que je n'ai pas fait de mosaïque mais j'ai encore tout le matériel. Il y a quelques mois de ça, je râlais que j'avais un bazar monstre dans ma pièce/atelier/bureau/souk. J'ai jamais été aussi ravie qu'en ce moment d'avoir tout ce dont j'ai besoin sans avoir à sortir.


J'ai utilisé des mini carreaux nacrés (reste de ma sirène) pour faire le carrelage sur le sol de la salle de bain. J'ai trouvé des petits miroirs un peu abîmés et inégaux mais c'est pas grave. J'ai fait avec ce que j'avais dans mes fonds de tiroir et c'est très bien comme ça. Ça suffit amplement à Kiki pour vérifier qu'il est bien coiffé avant de sortir.


De l'autre côté, j'ai fait un salon ou une chambre, un coin détente quoi.  
J'avoue, je trouve cet espace tout doux, j'ai bien envie de m'y lover, là dans le coin arrondi. 


J'ai eu de nombreuses difficultés avec cette valise au moment de la pyrogravure : bois de nature un peu inégal (donc qui ne brûle pas de la même manière), bois très fin donc je n'ai pas osé pyrograver fortement ou faire trop d'ombre de peur de fragiliser la paroi (je n'oublie pas que cette valise est destinée à un enfant donc on n'est pas à l'abri qu'il décide un jour de sauter à pieds joints dedans parce que c'est "rigoyo").
A cela, ce sont ajoutées les difficultés liées au fait de pyrograver un fond de boite : pas d'appui possible, dessiner à main levée, pyrograveur qui bute contre les parois et autres joyeusetés.
Certains détails sont tout petits : voyez un peu la taille des tableaux décoratifs de sa chambre par rapport à la taille de la main de Kiki.


Certaines choses ont donc été faites au plus simple ou juste "du mieux que je pouvais". 


Kiki avait déjà un bac en bois qui servait de lit ou de baignoire. Hormis celui-ci tous ces vêtements tricotés et accessoires récupérés à droite à gauche tiennent à l'intérieur de la valise.


Mon petit garçon a été ravi du résultat (qui correspond à ses plans) et qu'il peut promener partout (bien que nos promenades soit limitées à l'appartement pour le moment ^^).


Ces petits cris de bonheur me surprennent toujours et me remplissent de joie ! Bien entendu notre conversation ne s'est pas arrêtée là mais je vous ai épargné l'avalanche de "pourquoi". 

J'espère vous avoir donné envie de créer et de bidouiller en famille.
Le pyrograveur n'est pas nécessaire pour créer une maison. Faites-la à votre image avec ce que vous avez sous la main : bois, feutre, peinture, tissu, carton, collage...

Moi, j'ai des carreaux de mosaïque et un pyrograveur... et j'ai un faible pour la pyrogravure. J'aime les reliefs du bois brulé et comment il capte la lumière.


Les dégradés de marron qui paraissent parfois presque dorés sous le soleil. 





Je vous laisse faire un dernier p'tit tour du propriétaire










Allez hop, on referme ! 





10/12/2018

Livre d'éveil à la nature.


Ces dernières années, j'ai trouvé le temps de créer plein de petits livres d'éveil en tissu pour mon fils mais je n'ai pas toujours trouvé le temps de vous les présenter sur le blog. Aujourd'hui je reste dans le thème des articles précédents avec les champignons et les animaux de la forêt.


Son Papi allant souvent se promener dans les bois cueillir des champignons, ces derniers se sont imposés en première page.



Les chapeaux des champignons ont été rembourrés pour plus d'effet. En tissu de fond, j'ai utilisé un tissu imprimé que j'avais depuis longtemps et dont je raffole. J'aime l'idée que si on le regarde de loin, on ne voit qu'un amas de feuilles mais en y regardant de plus près, on voit des petites chenilles de toutes les couleurs... un peu comme parmi les feuilles qui jonchent le sol des sous-bois.


Pour la seconde page, j'ai choisi un fond plutôt sombre avec pleins de petits hiboux imprimés pour venir coudre un gros hibou dessus. J'ai utilisé de la feutrine pour faire les pattes et de la laine bouillie pour dessiner la branche me permettant ainsi de jouer un peu sur le relief et lui faire toucher différentes textures.


Le hibou était déjà présent sur le tissu choisi pour la couverture de ce petit livre. Je voulais faire un hérisson et je me suis complètement inspirée de celui de la couverture.


Ça m'en a fait coudre des petits triangles en tissu ! Je les ai ensuite enchevêtrés avant de coudre la tête du hérisson au-dessus, fixant ainsi le tout. En faisant de la sorte, chaque triangle symbolisant les piquants du hérisson se soulève légèrement. On peut passer la main dedans et caresser le hérisson. L'occasion de chanter un peu de Salvador et de Brassens...  Pour moi, les hérissons, ils ont toujours un peu la voix de Georges.


J'adore les hérissons. C'est un animal adorable qui, en plus, m'évoque de bons souvenirs d'enfance. Il y en a souvent dans le jardin de mes parents. On les voyait déambuler avec leur drôle de démarche et chasser les insectes les soirs d'été. On écoutait les hannetons craquer sous leurs dents. J'ai donc souvent eu l'occasion de croiser leur regard et eu la chance de les prendre en photos.


J'ai également un souvenir fort avec une de ces petites bêtes. Dans l’appentis à bois, quand j'avais 10 ans, on a retrouvé le cadavre d'une maman hérisson avec toute sa portée sous une nuée de mouches. Au milieu de cette scène bien triste, on a trouvé un seul bébé encore en vie, couvert d’œufs de mouches et dans un sale état. On l'a recueilli et tenté le tout pour le tout. On l'a nettoyé, nourri comme on pouvait avec de la viande crue hachée menue puis en morceaux. On a fini par mettre des limaces vivantes dans sa cage pour lui apprendre à se débrouiller à chasser. Il faisait un tour d'honneur de cage quand il l'avait tuée en levant la tête bien haut, limace dans sa gueule. On l'a relâché dans notre jardin quand il était prêt. On le recroisait les nuits d'été.


Pour avoir eu la chance de tenir un bébé hérisson dans les mains (oui, c'est moi qui grimace là au-dessus), je peux vous affirmer qu'ils sont tout doux et que ces animaux méritent vraiment qu'on prenne soin d'eux. A l'heure actuelle, il n'y a plus de hannetons qui volettent en veillée et beaucoup moins de hérissons... Donc si au passage, vous voulez faire une bonne action pour ces animaux magnifiques, je vous glisse le lien de cette pétition.  

Pour en revenir à la couture, face au hérisson, j'ai mis un de ses prédateurs mais celui-ci est moins féroce que l'Homme et en plus, il est endormi...



J'ai choisi de le cacher derrière un buisson. Je savais que Thomas allait aimer jouer à "coucou-caché" avec lui.


Il faut bien avouer que j'ai rarement eu l'occasion de croiser un renard. Il m'est arrivé d'en apercevoir en ombre chinoise, tout en haut de la colline, jouer ou chasser sur les bottes de foin mais ils étaient très loin... C'était merveilleux de les observer mais les approcher, c'était impensable. J'ai eu la chance, une fois, d'en voir un détaller devant mon VTT... Du coup, pour moi ça reste un animal vif, insaisissable et furtif. J'ai donc choisi de bien le cacher dans les fourrés. 

Je me suis toujours sentie chanceuse quand j'ai croisé un bel animal sauvage, quand un chevreuil saute d'un pas léger et gracieux devant la voiture. Ça illumine ma journée. Quand j'ai l'aubaine d'avoir mon appareil photo sur moi, j'essaye de m'approcher tout doucement et j'adore ces instants volés au temps. 


Le dernier en date, c'est ce joli chevreuil entre deux rangs de vignes. Thomas m'accompagnait ce jour-là, bien au chaud encore dans mon ventre. Il m'était donc indispensable de rajouter une biche à son livre.


J'ai utilisé un tissu imprimé, comportant divers animaux de la forêt. Ils étaient trop éloignés les uns des autres pour tous figurer sur une page de livre, j'ai donc triché. J'ai découpé le tissu et recousu de façon à rapprocher les animaux. Les coutures ont été cachées par des troncs et branches d'arbres.


Une fois les branches cousues au point bourdon, je me suis lancée dans la confection de feuilles dans un camaïeu de vert provenant de chutes de tissus. Une fois fixées au bon endroit sur les branches, elles venaient cacher les différents animaux. 

Ici, un papillon blanc.



Là, une chouette et un renard.


Et enfin, un petit écureuil
dans l'exacte posture de celui du jardin pris en photo par son Papi. 


Par-ci, par-là, j'ai parsemé des rubans avec des petits champignons ou des coccinelles
De tout menus détails à observer.


J'avais acheté un oiseau en bois (à manipuler ou mâchouiller) mais je ne savais pas comment l'incorporer au livre. Je pensais le mettre dans un nid mais le reste du livre évoquait l'automne et pas vraiment le printemps. Finalement, c'est une carte envoyée à Thomas par sa Mamie qui m'a donnée la solution.


J'adore cette carte !! Il y a tous mes animaux fétiches représentés et mes couleurs favorites. J'ai adoré le design des arbres et je m'en suis totalement inspirée. J'ai ainsi dessiné deux arbres : un orange à pois avec des feuilles vertes cousues dessus, l'autre vert décoré de feuilles orange à pois. Un beau concentré d'automne.


En ne cousant que la partie inférieure de l'arbre, j'ai formé une poche dans laquelle l'oiseau en bois trouvait enfin une cachette.


Thomas n'a pas traîné à le trouver.
Tout comme il n'a pas tardé à me montrer tous les détails que j'avais pris soin de mettre


et à soulever toutes les feuilles de cette forêt en tissu en poussant des petits cris de surprise.



Ainsi s'achève la présentation du livre d'éveil pour "ensauvager" mon petit citadin.



Tous les livres du monde, même ceux cousus avec amour, ne remplaceront jamais une promenade dans la nature mais j'espère que grâce à celui-ci, il apprendra à observer, à soulever les feuilles, à dire bonjour aux petites bêtes qui vivent là et surtout, à partir sur la pointe des pieds pour ne pas trop les déranger...