28/10/2017

Día de los muertos



Fin Octobre, pendant qu'en France, on achète des chrysanthèmes et que les anglosaxons creusent leurs citrouilles d'Halloween, les mexicains célèbrent durant plusieurs jours leurs morts d'une manière qui visuellement me ravit. Des squelettes, de la couleur, des fleurs, des autels, des offrandes, du sucre et une pointe d'humour, ça n'étonnera personne ici si je vous dis que j'ai une petite fascination pour les calaveras et el día de los muertos.


A défaut d'avoir de belles figurines de Catrina comme celles exposées dans un salon de tatouage clermontois, en cette fin d'Octobre, j'arbore un magnifique tote bag sur le thème (avec un soupçon de style Burtonien dans certains crânes). 


Quand j'ai vu ce crâne en plastoc' à 1 euro à Babou, la question n'a pas été "to be or not to be ?" mais plutôt combien de temps va-t-il tenir entre mes mains avant d'être peinturluré ?


 De la gouache, des pinceaux et zou !


Je m'inspire donc de cette vieille tradition mexicaine pour essayer d'instaurer une nouvelle tradition familiale. L'idée est de faire une peinture totalement éphémère, de passer un coup d'éponge une fois la fête passée et de recommencer l'année suivante.
J'ai donc fait simple et rapide cette année, juste pour tester en attendant que mon fils se joigne à moi les années futures. Il me semble que pour les petites mains, c'est beaucoup plus facile de faire des décorations de calaveras avec des pinceaux ou même le bout de ses doigts que de découper un potiron au couteau. Quelques ronds, quelques traits, le tour est joué.


Quelques fleurs au crochet, des bougies... 


... de quoi obtenir l'atmosphère que je souhaitais avoir dans mon atelier. 

Je voulais obtenir une lumière douce et orangée comme celle du film The Crow : city of angels puisque ce film est le point de départ de ma fascination pour les calaveras.


J'ai beau savoir que tout le monde considère The Crow : city of angels comme une pâle suite du premier volet, j'adore ce film de façon viscérale. Il paraît que c'est une daube mais ce film a marqué mon adolescence tout autant qu'Edward aux mains d'argent et j'y suis attachée.  

 
Est-ce à cause de Mia Kirshner, sublime dans ce film ?


 ou à cause de ses looks déments ?


Est-ce à cause de la présence d'Iggy Pop, de la musique de Graeme Revell ou de la bande-son qui regroupe PJ Harvey, Hole, Bush, Linda Perry...


A moins que ce soit à cause de Vincent Perez


et du fait que j'ai toujours eu un penchant pour les personnages ayant une part d'animalité ?




Ou tout simplement parce que l'univers visuel, l'ambiance à la fois grunge et gothique de ce film m'ont profondément influencée, plus ou moins consciemment (et ça continue d'ailleurs).


Pour mon tout premier Halloween, je m'étais fait un maquillage de The Crow et je crois qu'à tous les Halloween suivants, j'ai regardé ce film. Sous un premier abord de noirceur, violence et décadence, je trouve qu'il émane beaucoup de lumière et de beauté de ce film.


C'est un de mes films "doudou", vous savez ces films qu'on ne se lasse pas de regarder, surtout si on est un peu fatigué, ces films où on s'enroule façon chenille dans un plaid en laine avec si possible une tablette de chocolat à portée de main.




Cette année donc, comme toutes les autres années, avec un saladier de friandises sur les genoux (si le chat laisse un peu de place), je vais regarder The Crow : la cité des anges mais cette fois, avec un mini autel mexicain placé devant ma télé. Je m'en régale à l'avance.


Le défi du chat de ce trimestre a pour thème la tradition : "Dans son sens absolu, la tradition est une mémoire et un projet, en un mot une conscience collective : le souvenir de ce qui a été, avec le devoir de le transmettre et de l'enrichir". Je ne saurais vous dire comme ces mots me parle... et voilà ici ma participation. Avec un crâne, se souvenir d'une tradition ancestrale, se souvenir de mes Halloweens passés et imaginer des suivants avec la volonté de transmettre l'envie de fabriquer quelque chose de ses mains et la nécessité de rire des choses graves




Note à l'attention du lecteur : aucune moustache de félin n'a été roussie durant cette séance photo.
(de justesse...)


17/10/2017

Le manteau de Thomas


Dans mon précédent article, j'avouais avoir peu tricoté pour mon fils. "Peu" ne signifie pas "pas". 

Peu après sa naissance, j'ai choisi de tricoter le modèle "Lino's Coat" de Lili Comme Tout. Il me semblait douillet et suffisamment simple pour pouvoir être tricoté en n'ayant dormi que 2h et en faisant des gouzi-gouzi à la petite chose installée confortablement dans le transat. C'est une taille 9-12 mois. Même en ne faisant que quelques rangs par jour, on arrive à le finir dans les temps. Vous l'aurez compris : jeunes mamans et tricoteuses débutantes, ce modèle est pour vous ;)

 
J'ai choisi la laine Alaska de Drops en coloris bleu foncé et de gros boutons en bois. Je n'ai rien à redire sur les explications. Ça a été un plaisir de tricoter ce point mousse. J'ai même découvert que le mouvement régulier des aiguilles et du fil avait un peu un effet hypnotique sur mon petit et que ça le plongeait lentement mais surement dans les bras de Morphée.
Mais ça c'était avant hein ! Dès qu'il a su se déplacer à 4 pattes il a commencé à me chiper mes pelotes... et à être fier de sa prise!




Après, il a trouvé une partie de mon stock de laine... 

 
Et maintenant, il court après les pelotes avec l'agilité d'un petit chaton et je retrouve des pelotes dans tout notre appart... 



Si j'ai apprécié de tricoter ce manteau, je dois dire que je suis plutôt déçue du résultat. Je trouve qu'il manque de tenue, de forme. Par contre, il est aussi confortable qu'il en a l'air et il est parfait pour tenir chaud au petit Thomas blotti au creux de sa poussette.


05/10/2017

Babynnosaurus Rex

En début de grossesse, je disais des phrases genre "Pas la peine d'acheter des vestes ou des pulls, je tricoterai tout !".

AH AH AH bonne vanne !!!!

Eh oui, ça, c'était avant de me rendre compte que je n'aurais absolument pas le temps puisque je serais bien trop occupée à essayer de caser tout ce qui était avant dans la future chambre du petit dans le reste de l'appartement, à ne pas y arriver et à me retrouver avec une carte d'abonnement à la déchetterie,
à me tartiner d'huile Weleda qui pue, à passer 30 minutes à me contorsionner pour enfiler mes chaussures, à aller faire ma prise de sang, à essayer de calmer un chat en furie pour cause de chamboulement de meubles, à me demander si on serait de bons parents sachant qu'on a déjà un chat à moitié névrosé, à traquer la bonne affaire sur le bon coin en dévorant des dés de gruyère (et un pot entier de cornichons), à m'allonger pour cause d'envie irrépressible de sieste, à me retourner 20 fois dans le lit à la recherche d'une position agréable ou au moins supportable, à ne pas réussir à dormir, à argumenter avec l'homme pour les prénoms, se prendre la tête et remettre à plus tard le choix définitif, à regarder des vidéos sur youtube sur des comparatifs de baignoires (quand t'en arrives là, c'est clairement que tu as basculé dans le côté obscur de la parentalité, sache-le) et enfin à contempler mon bidou onduler sous les mouvements de bébé bref, toutes ces petites choses qui vous occupe 9 mois d'une vie.  
Et puis, c'était aussi avant de découvrir à quel point les designers de fringues pour bébé étaient des êtres diaboliques et à quel point je pouvais être faible devant autant de mignonnerie.
Le budget te sert de garde-fou mais au détour d'un vide-grenier ou d'un rayon de dépôt-vente, tu finis toujours par tomber sur LA pièce. Comme cette petite veste américaine DPAM, parfaite réplique d'une veste que tu as déjà dans ton vide-dressing mais agrémentée de dinos en prime... RhooooOO !


Regardez-moi ce sens du détail et ces petits boutons pressions "dino" irrésistibles !!!


Et ainsi, l'enfant s'est retrouvé avec plus de vestes qu'il ne pourrait jamais en porter en l'espace d'un mois.. Au final, donc, j'ai plutôt tricoté des petites choses pour mon fils, des petits détails venant finir une tenue. Comme ces petites Converse


Ce modèle, issu du catalogue Phildar printemps-été 2012 n°67, je l'ai réalisé je-ne-sais-combien de fois pour mes copines. Il n'est pas très simple. Ce n'est pas une partie de plaisir à tricoter : trop de petits morceaux, trop de minutie, trop d'aiguilles, trop de changements de couleurs (oui, yen a que 3 mais c'est déjà trop pour un cerveau de femme enceinte qui s'apparente de plus en plus au fil des mois à celui d'une fougère). 
Malgré tout, ça ne me dérangeait pas de le refaire une nouvelle fois car :
- il tient bien au pied de bébé, c'est pas juste un gadget fun qui ne sert à rien
- le visuel est top, ça ressemble vraiment à une petite paire de Converse
- il est juste parfait pour aller avec cette veste !!! *petits trépignements hystériques*

En 2012, j'avais tricoté pour une copine fan de dinosaures (enfin pour son fils) des chaussons asymétriques avec des petits boutons dinosaures en me basant sur un modèle du livre Chaussons en tricot pour mon bébé de Catherine Bouquerel.


J'avais ensuite improvisé un bonnet assorti en jersey avec un revers en côtes, tout simple mais avec un belle crête de dinosaure crochetée sur le sommet du crâne.


Les boutons étaient vendues par lot, il me restait donc des dinosaures, prêts à partir à l'assaut d'une nouvelle paire de chaussons. J'ai regardé dans mon stock de laine Lambswool. J'ai trouvé les coloris présents sur la veste : rouge, bleu, gris, jaune, que j'ai tricotés de façon asymétrique.


Alors vu comme ça, en plan serré, ça peut faire un peu Bozo le Clown mais j'vous jure qu'avec un petit pantalon et un tee-shirt simples et unis, c'était trop craquant. Parole de maman !



Et vous savez quoi, il me reste encore des boutons dino !! Yeah baby !!




28/09/2017

Sauvez les arbres, mangez des tartes !

Comme je vous l'avais dit dans le précédent article, les pruniers de mes parents croulent sous les prunes. Leurs branches s'affaissant jusqu'au sol, semblent prêtes à rompre et si on est suffisamment attentifs, on peut les entendre crier "Aidez-nous, aidez-nous !!!". N'écoutant que mon cœur, je me suis donc chargée de les délester un peu en faisant quelques tartes.
Comme je suis à peu près sûre qu'il se cache parmi les lecteurs de ce blog des personnes soucieuses du bien-être des feuillus, je vous glisse quelques recettes comme je les aime : rapides et simples
La première est la plus rapide des deux. 

Tout d'abord, il vous faut une pâte sablée
Deux options :
- la plus courte, vous l'achetez toute prête. 
- la deuxième, vous la faites vous même. Dans ce cas 
Versez 250 g de farine dans un saladier. Ajoutez 125g de beurre coupé en morceaux et un peu ramolli, ainsi qu'une pincée de sel. Travaillez la pâte du bout des doigts pour former un sablage. Formez un puits et ajoutez au centre 125g de sucre en poudre, un sachet de sucre vanillé, un demi sachet de levure chimique et un œuf entier. Incorporez progressivement ce mélange-là au sablage jusqu'à former une boule de pâte. Ensuite, ça va aller très vite. Étalez la pâte sablée dans un moule, saupoudrez généreusement de poudre d'amande. Coupez les prunes (ici des Reine Claude) en deux, enlevez le noyau et disposez-les sur la pâte. Saupoudrez de sucre à votre convenance et zou ! dans le four !! (préchauffé à 180°).


Environ 30 minutes de cuisson plus tard, c'est prêt !


La deuxième demande un tout petit peu plus de temps. En plus de la pâte sablée, il vous faudra préparer une crème pâtissière.
Je vous donne les proportions pour un demi-litre de lait mais il me reste toujours de la crème avec ces quantités là (que j'utilise toujours d'une autre façon à côté ou qu'on se charge de finir à la cuillère). A vérifier donc mais je pense que la moitié des proportions données doit suffire.

Mesurez un demi litre de lait et mettez de côté. Mélangez deux jaunes d’œufs avec 100g de sucre et battez ce mélange jusqu'à ce qu'il blanchisse. Ajoutez 50g de farine. Sur le lait mesuré, prenez l'équivalent d'un demi verre et versez-le sur le mélange pour le rendre plus liquide. Dans une casserole, mettez à chauffer le reste de lait avec de la vanille. Lorsque le lait est tiède, rajoutez le mélange dans la casserole, continuez à remuer jusqu'à ce que la crème épaississe. Arrêtez alors la cuisson.
Étalez la pâte sablée puis la crème pâtissière sur celle-ci. Coupez les prunes en deux, ôtez les noyaux et disposez-les sur la crème. Ici, j'ai choisi d'alterner des mirabelles et des quetsches.



Placez votre tarte dans un four préchauffé à 180° pendant environ 30 minutes.


Là, c'est la version ratée, celle de "je regarde une émission à la télé avec Manu Larcenet, j'oublie que le monde est monde, que le temps continue de s'écouler et que j'ai une tarte dans le four", celle où toutes les prunes ont la même couleur au final : noir


Avant de mettre votre tarte au four, vérifiez donc qu'aucune émission avec Manu Larcenet n'est diffusée où que ce soit... en même temps, c'est assez rare donc ça devrait bien se passer pour vous et le résultat devrait plutôt ressembler à ça (oui, deux tartes ont été réalisées, uniquement pour les besoin du blog... et des arbres... ça va de soi).


Ici, je n'ai pas sucré les prunes avant de les mettre au four, j'ai préféré rajouter un petit nappage après.


Ah ?! On me dit que l'automne est là... la saison des pommes, des poires, de figues...

N'oubliez pas, sauvez les arbres, mangez des tartes !! ;)


Petite note de fin de page : seuls les jaunes ont été utilisés dans la recette de la crème pâtissière, si vous ne savez pas quoi faire des blancs restant, je vous renvoie sur ce précédent article gourmand.

13/09/2017

Le temps d'un été...

Qu'a-t-on fait tout l'été ?
On a lu des histoires d'ourson jaune sous la pluie...


Pendant ce temps, le chat a attendu patiemment que son maître soit disponible sur le pas de porte qu'il n'a pas le droit de franchir. Aussi sage et obéissant qu'un chien, ce vieux matou est épatant.



Mémé a crocheté un joli soleil

(et fourni la traduction du tutoriel sur sa page fb)

Par son doux sourire, il réchauffe la chambre du petit les jours de pluie. Et d'un point de vue de bébé, il est parfait : les rayons se tètent, les doigts se tètent, le nez se tète, les pieds se tètent..

De mon côté, j'ai crocheté des petits nuages

(d'après un tuto trouvé ici)

Des blancs, des gris... petits détails de créations à venir. 

Pas besoin de crocheter de gros nuages noirs, ils sont tous au-dessus de la tête de mon chat quand le bébé pleure... On dirait que ses yeux lancent des éclairs... Je ne lui connaissais pas ce regard avant l'arrivée de Thomas.


Heureusement, on a laissé parfois le chat tranquille le temps d'une chasse au pigeon sur le parvis du musée Bargoin. 


Assise sur le banc yarn-bombé il y a presque un an, j'ai observé ce petit homme faire ses premiers pas avec assurance, boucles au vent. Forcée de constater que le temps file...


On a tous profité des quelques moments de calme et de soleil.


On est partis prendre l'air à la campagne. Mamie lui a fait découvrir les fleurs.
Un pétale, deux pétales, trois pétales...


On a observé les criquets et sauterelles dans l'herbe, regardé les fourmis grimper le long des fleurs...


et les lézards sur les rideaux...


On a allégé les pruniers de leurs fruits et fait des tartes,


 observé le vent et les couchers de soleil à côté des bambous.


Presque on dirait que ma vie est calme et douce en lisant cet article. Presque.
En vrai, j'ai l'impression d'être au cœur de la tempête depuis un peu plus d'un an. Je me sens ballottée de droite à gauche, j'ai l'impression de ne plus rien contrôler, en témoigne mon absence sur ce blog.
La maternité m'a donné un nouveau rapport au temps. Tout s'enchaîne à vive allure : la valse à mille-temps des petits pots, des couches, des tétées, des pleurs, des comptines, des lessives, des vaisselles... Tout est comme si je trébuchais en posant le pied par terre au saut du lit et que je passais la journée à essayer de rétablir un équilibre, en vain. Je m'effondre à chaque fin de journée sur le canapé, épuisée.
Mais parfois le temps se suspend. Je me retrouve dans l’œil du cyclone et je profite de ce calme impromptu. Je respire profondément son odeur de bébé le temps d'un câlin, je le regarde découvrir une coccinelle pour la première fois, explorer un caillou, un brin d'herbe, une feuille, une bulle dans l'eau de son bain. Le monde se révèle à travers ses yeux et je prends à nouveau le temps pour des choses qui peuvent paraître futiles et qui sont pourtant essentielles. Comme autant de premières fois.

J'avais envie dans cet article de regrouper quelques petits riens précieux de mon été et de vous parler d'un livre, à découvrir ou à relire : L'Homme Qui Marche de Jirô Taniguchi. 

La quatrième de couverture pour vous faire une idée et vous donner envie d'ouvrir ce manga :



Je suis intimement convaincue que le bonheur se trouve dans "descendre une station de métro avant le bureau" et dans ces petites respirations du quotidien. Vous écrire via ce blog en est une pour moi. Merci d'être toujours là pour me lire entre deux longues absences :)